EAA célèbre cette année ses 25 ans de présence dans le secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. Depuis 1988 l’Agence EAA a su développer une expertise, largement reconnue à l’échelle du continent, dans la recherche-action, la formation et le renforcement des capacités des acteurs et la diffusion de l’information sur les questions, d’hygiène, d’eau et d’assainissement. Elle a su se positionner au cours des années comme un acteur incontournable du secteur de l’eau et de

l’assainissement.

I. EAA, 25 ans d’actions en faveur du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique : Parcours historique
En 1988, à la fin de la Décennie Internationale de l’Eau, face à une problématique de l’accès à l’eau et l’assainissement de plus en plus préoccupante du fait de l’accroissement démographique, de l’insuffisance des capacités de financement et du manque de technologies appropriées dans le secteur, le CREPA a été mis en place avec un siège au Burkina Faso. Sa principale mission à l’époque, fournir des réponses aux problèmes technologiques.

Une mission qu’il a exécutée entre 1988 et 1992 à travers le développement de technologies d’assainissement autonome, de gestion communautaire des ordures et d’appui aux petits opérateurs.

Entre 1993 et 1996, l’organisation marque un virage avec l’adoption d’une démarche holistique intégrant notamment la participation des populations, les approches de promotion de l’HAEP et le renforcement des capacités des acteurs.
L’appropriation des programmes du CREPA par les États, intervenue en 1997, consacrait à l’organisation sa dimension fondamentalement africaine avec la mise en place d’une institution d’intérêt public à la place de l’organisation associative connue jusqu’alors. Les États s’impliquent alors davantage dans le pilotage de l’organisation à travers le Conseil des Ministres, le CREPA intervient davantage dans les programmes nationaux et accompagne les États dans la formulation de politiques et stratégies.
Entre 2006 et 2010, c’est le passage à l’échelle continentale à partir des nombreux résultats de la recherche enregistrés au cours des dix huit premières années. L’on assiste alors à une forte implication de l’organisation dans l’accompagnement du processus de décentralisation, la mise en œuvre de programmes à l’échelle de grandes villes et l’intégration de la problématique du VIH Sida et des aspects liés au genre. L’institution s’intéresse également à l’atteinte des OMD et fait un lien avec les autres secteurs.
En 2011, l’institution marque un tournant décisif dans son évolution. À la suite des réformes impulsées par le Conseil des Ministres, le désormais ex CREPA laisse la place à l’Agence Intergouvernementale Panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique : EAA. La mission de la nouvelle organisation repose sur une approche multisectorielle de promotion de l’accès durable et équitable des populations africaines aux services d’eau et d’assainissement à travers le développement de solutions intégrées, innovantes et durables. Elle accompagne les pays africains pour la formulation, la mise en oeuvre et le suivi de politiques, stratégies et initiatives ainsi que la mobilisation de ressources financières et de compétences innovantes. Elle dispose d’une nouvelle structure organisationnelle avec trois organes opérationnels que sont la Fondation EAA, le Centre de Recherche et de Compétences et l’Agence d’Exécution.
II. Quelques réalisations remarquables!
Au cours de ces 25 ans d’intervention sur le continent, l’institution a investi dans la mise en oeuvre de différents projets et programmes à hauteur d’environ 70 milliards de francs CFA. Elle a, dans le même temps facilité un apport financier dans le secteur de l’eau et de l’assainissement de l’ordre de 550 milliards de francs CFA. EAA a, de ce fait, favorisé l’accès aux services d’eau et d’assainissement à au moins vingt cinq (25) millions de bénéficiaires à travers plus de 32 pays Africains. Plus de 3000 acteurs des secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation et des collectivités locales ont vu leurs capacités renforcées grâce aux actions de l’institution. Dans le cadre des activités de recherche-action et à travers des partenariats, EAA a développé ou identifié et éprouvé une trentaine de technologies et approches du secteur de l’eau et de l’assainissement. Entre 2011 et 2015 l’ambition est de favoriser l’accès aux services d’eau et d’assainissement à environ 50 milliards d’Africains.

III. Les grands résultats des réformes institutionnelles de 2011
Les réformes entreprises en 2011 avaient pour but de réorienter ses approches et méthodes d’intervention en cohérence avec les nouveaux défis et enjeux du secteur de l’eau et de l’Assainissement en Afrique. Les grandes étapes et réalisations de ces réformes se résument en trois principaux axes :

Les réformes institutionnelles : avec la mise sur pied de l’Agence Intergouvernementale Panafricaine dénommée Eau et Assainissement pour l’Afrique, EAA en français et WSA en anglais, à la place de l’ex Centre Régional pour l’eau Potable et l’Assainissement à faible coût. Au cours de ces deux ans qui ont suivi les réformes, l’institution a étendu sa couverture géographique de 18 à 32 pays. L’accompagnement des pays membres s’est également intensifié avec la signature d’accords de Siège et de Contrats Programmes. L’institution a étendu son réseau de partenaires particulièrement dans les pays émergeants du sud. Trois organes spécialisés ont été mis en place :

Le Groupe d’Entreprise et d’Investissement : dont la mission est de créer des opportunités d’investissement et de favoriser l’accélération de la mise en place d’infrastructures performantes en Afrique en vue du renforcement des capacités des acteurs du secteur HAEP.

Le Centre de Recherche et de Compétence : qui a pour but le développement et la promotion d’approches et de technologies dans les domaines de l’eau et de l’assainissement mais également d’un capital humain responsable et promoteur de changement dans les pays africains.
La Fondation EAA : qui est une entité sociale à but non lucratif dont la mission est de favoriser l’épanouissement de chaque Africain à travers l’accès à des services innovants et durables d’eau et d’assainissement.

Une nouvelle approche d’intervention
Cette approche a démarré avec l’élaboration d’un plan stratégique pour la période 2011-2015. Ce plan stratégique est essentiellement basé sur la démultiplication des interventions à travers le développement de plus d’une centaine de projets et la mise en place de nouvelles stratégies commerciales de financement des services d’eau et d’assainissement. Les projets en question intègrent désormais une nouvelle dimension, à savoir, la promotion de logements sociaux intégrant les infrastructures d’eau et d’assainissement appropriées.

Depuis le début de la mise en oeuvre de ce plan stratégique, l’institution a enregistré, à travers les pays membres, 10 millions de nouveaux usagers des services d’eau et d’assainissement grâce à ses programmes.

Des modes de financement innovants
L’institution, au regard du gap de financement enregistré au niveau du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique, s’est fixé comme ambition de mobiliser quelques 125 milliards de francs CFA pour les différents pays membres. Ceci a conduit au développement d’une nouvelle stratégie de mobilisation de ressources financières.

L'inclusion de modèles économiques et financiers en appui aux modèles traditionnels caritatifs est une des innovations de l’institution pour mobiliser davantage de ressources financières pour le secteur de l’HAEP. Ceci devrait constituer un complément non négligeable, au financement traditionnel basé sur les subventions, qui a démontré ses limites à résoudre les problèmes dans le secteur de l’HAEP de l'Afrique.

Cette stratégie est essentiellement basée sur la multiplication et la diversification des sources de financement. Dans ce cadre, l’institution a développé de nombreuses initiatives et a pu mobiliser en deux ans plus de 22 milliards de FCFA. Au nombre de ces initiatives nous pouvons citer l’ICON (Initiative Comptons sur nous-même qui fonde son intervention sur l’appropriation du financement des services par les communautés), les plans d’affaires qui ont permis de prouver la rentabilité de l’investissement dans le secteur de l’assainissement en particulier (développement de modèles économiques, etc.)

IV. Le Forum de haut niveau sur l’Eau et l’Assainissement pour tous
EAA a initié, il y a 3 ans, le Forum de Haut Niveau pour l’eau et l’assainissement pour tous en Afrique (FHN) afin de mettre à la disposition des différents décideurs et acteurs du secteur sur le continent, une plateforme d’échange et d’influence dans le but de favoriser des décisions et actions concrètes en faveur de l’HAEP. L’objectif principal du FHN est d’accompagner les gouvernements Africains dans l’identification de solutions durables et innovantes pour l’accélération de l’accès à l’HAEP et la réduction de la pauvreté en Afrique. Le Forum de Haut Niveau ne souhaite pas constituer une plateforme de plus pour définir de nouveaux engagements ou recommandations mais bien une rencontre de prise de décisions et d’actions concrètes.

Objectifs spécifiques du Forum de Haut Niveau

Réduire considérablement le retard dans le secteur HAEP et définir de façon participative les voies et moyens pour fournir des services d’eau et d’assainissement durable aux populations. Le forum a pour ambition d’accompagner les gouvernements africains à opérationnaliser leurs engagements pour l’HAEP à travers le partage de leçons apprises et de bonnes pratiques.
Convier les décideurs africains, les chercheurs, les bailleurs de fonds, les innovateurs et les investisseurs autour d’une plateforme commune d’entraide et de collaboration gagnant-gagnant dans le but de l’amélioration de l’accès des populations aux services d’eau et d’assainissement.
Favoriser le développement et l’opérationnalisation de partenariat pour la mise en oeuvre de programmes et initiatives innovants dans le secteur de l’HAEP en Afrique